paradisiaque

      Page 180 du livre « une exécution ordinaire » de Marc Dugain, je fais une pause en écoutant au casque : « Majâz », du Trio Joubran ; puis je m'allonge sur le lit pour laisser venir ; car il me semble depuis quelque temps, que je dois exprimer quelque chose, sans savoir quoi. Cela pourrait parler d'un projet, ou alors de l'histoire qui a conduit notre monde là où il en est, des erreurs commises, des réparations possibles…

      Puis vient la sensation, c'est donc assez clair, que j'ai fait un gros sacrifice à naître dans ce monde en panne, sans avenir, sans projet, juste dirigé par des MVT (Menteurs Voleurs Tueurs). Cela m'a conduit à me demander :

  • Cela valait-il le coup de quitter ce monde où je pouvais proposer à un instrument de musique d'utiliser mon corps pour jouer ses plus belles mélodies ?
  • Cela valait-il le coup d'abandonner un monde où n'importe quel stylo pouvait écrire pour moi ses plus belles histoires ?
  • Cela valait-il le coup de m'absenter d'un monde où mes yeux pouvaient créer les plus beaux paysages ?
  • Cela valait-il le coup de laisser ce monde d'amour, même pour quelques-uns de ses instants ?

      Ici, il n'y a que de la compétition qui mène à la haine et à la destruction. Tout y est difficile et pénible.

      Bref, j'ai du mal à croire au bien fondé de ma mission. Pourquoi se préoccuper de la perte de cette anti-civilisation ? Il y a tant d'autres lieux, bien mieux que celui-ci. Il suffirait de barrer la route à ceux qui ont détruit cette planète, à les y confiner sans accès à d'autres corps physiques, pour laisser le temps à cette Terre de se refaire une santé ; et ce barrage pourrait-être l'occasion d'une « reprogram­ma­tion », ils sont si médiocres.